Savoirs sensibles : portrait d’un design incarné
Savoirs sensibles : portrait d’un design incarné
Longtemps perçue comme un idéal d’objectivité pure, la connaissance scientifique voit ses fondements interrogés. De récentes recherches et publications mettent en lumière une évidence de plus en plus partagée : tout savoir est, par nature, construit et situé. C’est dans cette brèche que s’engouffre une nouvelle approche, la « recherche-création », qui place le design, l’art et l’expérience sensible au cœur du processus de connaissance, dessinant les contours d’un savoir enfin incarné.
Le Mythe de l’Objectivité : un paradigme en question
Le problème fondamental auquel nous sommes confrontés est l’héritage d’une vision de la science détachée de l’humain. Pourtant, comme le soulignent de nombreuses études, cette posture est intenable. Des travaux universitaires, notamment une thèse sur le « Design & savoirs sensibles », insistent sur le fait que les connaissances sont façonnées par leur contexte de production une recherche-création approfondie sur le sujet. Ce constat, loin d’être anecdotique, s’est accentué avec le développement de disciplines qui, par leur nature même, se situent à l’interface de l’analyse et de la création une réflexion épistémologique à la croisée des disciplines.
La question n’est donc plus de savoir si la subjectivité influe sur la recherche, mais comment l’intégrer de manière rigoureuse et féconde. Comment documenter, analyser et partager des expériences qui relèvent du ressenti, du vécu, de l’intuitif ? Ignorer cette dimension, c’est se priver d’une compréhension profonde du monde, c’est amputer le réel de sa texture et de sa complexité. C’est ici que le concept d’une [communication authentique](INTERNAL_LINK_1) prend tout son sens.
La Recherche-Création : une solution interdisciplinaire
Face à cette impasse, une solution émerge avec force : la recherche-création. Il s’agit d’une démarche épistémologique qui réhabilite l’expérience sensible comme modalité de connaissance à part entière. Elle se déploie à la croisée de l’art, du design, de l’anthropologie et de l’ergonomie, proposant des « écritures sensibles » comme nouvelles formes de restitution de la recherche la nature construite et située des connaissances scientifiques. Plutôt que de simplement décrire le monde, il s’agit de le donner à ressentir.
L’AVIS DE L’EXPERT : L’Épistémologie à la Croisée des Chemins
Nous assistons à un basculement épistémologique majeur. La reconnaissance de la nature « construite et située » des savoirs n’est pas une négation de la rigueur scientifique, mais un appel à l’élargir. Des disciplines comme le design ou l’anthropologie ne sont plus de simples objets d’étude ; elles deviennent des outils de recherche à part entière. Elles permettent de formaliser et de transmettre des « savoirs sensibles », ces connaissances issues de l’expérience vécue, qui échappent aux cadres d’analyse traditionnels. Il s’agit moins d’opposer le subjectif à l’objectif que de les articuler dans une démarche plus holistique.
Les « Écritures Sensibles » comme Preuve
La preuve de la pertinence de cette approche réside dans ses productions. Le design, en particulier, offre un langage pour matérialiser ces savoirs. Un projet de recherche-création peut prendre la forme d’une installation interactive, d’un objet communicant ou d’une interface qui traduit des données complexes en expérience sensorielle. Ces « écritures sensibles » ne sont pas de simples illustrations ; elles sont le fruit et le corps même de la recherche. Elles prouvent qu’il est possible de produire une connaissance rigoureuse qui ne renie pas sa dimension incarnée, son ancrage dans le corps et l’espace. Vous pouvez découvrir un exemple concret de ces projets dans cette courte présentation .
Cette réconciliation du sensible et de l’intelligible ouvre des perspectives fascinantes. Elle nous invite à repenser la manière dont nous innovons, dont nous apprenons et dont nous interagissons avec notre environnement. En acceptant que la connaissance est aussi une affaire de perception et d’émotion, nous pourrions développer des technologies et des systèmes plus humains, mieux adaptés à la complexité de nos vies. C’est une démarche qui résonne avec les principes du [design thinking](INTERNAL_LINK_2), mais en les poussant à leur conclusion philosophique. Et vous, êtes-vous prêt à considérer vos propres expériences comme une forme de savoir légitime ?
« Une réflexion épistémologique sur les formes sensibles d’écriture de la recherche à la croisée de l’art, du design, de l’anthropologie et de l’ergonomie. »
En définitive, le portrait du design incarné est celui d’une discipline qui a cessé de n’être qu’une esthétique ou une fonction pour devenir une véritable herméneutique du monde contemporain. Il nous enseigne que pour comprendre, il faut d’abord ressentir, et que la plus grande des intelligences est peut-être celle qui sait écouter le murmure du sensible.
Questions Fréquentes (FAQ)
Qu’est-ce que la « recherche-création » ?
La recherche-création est une démarche de recherche qui intègre la pratique créative (artistique, design) comme une partie centrale du processus de production de connaissances. Selon les sources, elle se situe à l’intersection de l’art, du design, de l’anthropologie et de l’ergonomie pour explorer des « formes sensibles » de savoir.
Pourquoi dit-on que la connaissance scientifique est « construite et située » ?
Cette affirmation, appuyée par de nombreuses études, signifie que le savoir n’est pas une vérité abstraite et universelle, mais qu’il est influencé et modelé par le contexte historique, culturel, social et personnel dans lequel il est produit. La perspective du chercheur, ses outils et son environnement participent à la « construction » de la connaissance.
Quel est le rôle du design dans les « savoirs sensibles » ?
Le design joue un rôle clé car il offre les outils et les méthodes pour donner forme, matérialiser et communiquer ces savoirs sensibles. Il permet de traduire des expériences, des ressentis et des données complexes en objets, en interfaces ou en systèmes avec lesquels il est possible d’interagir, rendant ainsi la connaissance tangible et partageable.



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