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Design sensible : créer avec ses sens

Mains d'un créateur explorant par le toucher la texture d'une sculpture organique, illustrant le concept de design et de savoirs sensibles.






Design sensible : créer avec ses sens

Au-delà des données : l’émergence des savoirs sensibles

Dans un monde saturé d’informations chiffrées et de logiques algorithmiques, une contre-tendance intellectuelle et créative prend forme. Au cœur de disciplines comme le design, l’art et même l’anthropologie, émerge la notion de « savoirs sensibles ». Loin d’être une simple intuition, ce concept fait l’objet de recherches académiques poussées, proposant une réhabilitation de la connaissance acquise par le corps, l’expérience et les sens comme un outil essentiel pour comprendre et façonner notre réalité.

Le problème : l’impasse d’une connaissance désincarnée

Nous vivons sous le règne de la rationalité instrumentale. Que ce soit dans nos vies professionnelles ou personnelles, la quête d’efficacité nous pousse à privilégier l’analytique, le mesurable, le quantifiable. Cette approche, si puissante soit-elle, présente une limite fondamentale : elle nous déconnecte de notre propre expérience sensible du monde. En externalisant notre connaissance dans des bases de données et des modèles prédictifs, ne risquons-nous pas d’atrophier notre capacité à ressentir, à percevoir les nuances, à créer à partir de notre vécu ?

Cette fragmentation entre le savoir et le sentir est au cœur des préoccupations contemporaines, notamment face aux défis complexes de notre époque, comme ceux posés par l’anthropocène.

La solution : cultiver les « savoirs sensibles »

Face à ce constat, des chercheurs et des créateurs explorent une autre voie. Ils théorisent et mettent en pratique ce que l’on nomme les « savoirs sensibles ». Il ne s’agit pas de rejeter la rationalité, mais de la compléter par une connaissance incarnée, une intelligence du corps et de la perception. Cette démarche est au cœur d’une réflexion épistémologique sur les formes d’écriture et de création qui se situent à la croisée de l’art, du design, de l’anthropologie et de l’ergonomie, comme le souligne une publication sur les « Écritures sensibles en recherche-création » (une recherche-création sur les technologies et l’ingénierie du vivant).

Ces savoirs sont une typologie de connaissances propres à la recherche en design, qui ne se contente plus de résoudre des problèmes fonctionnels, mais cherche à générer du sens et de l’expérience. Pensez à la texture d’un objet, à l’atmosphère d’un lieu, à l’émotion suscitée par une interface. Ces éléments, difficiles à quantifier, sont pourtant essentiels. Cultiver ces savoirs, c’est réapprendre à faire confiance à ses perceptions et à les intégrer consciemment dans ses processus de réflexion et de création, un peu comme une nouvelle forme de une première exploration du design sensible appliquée à la pensée.

L’AVIS DE L’EXPERT : Qu’est-ce que la recherche-création ?

La recherche-création est une démarche où l’acte de créer (une œuvre, un design, une performance) n’est pas seulement le résultat de la recherche, mais fait partie intégrante du processus de recherche lui-même. C’est en faisant, en expérimentant avec la matière et les formes, que le chercheur-créateur produit de nouvelles connaissances. Des travaux universitaires, comme la thèse « Design & savoirs sensibles », montrent comment cette approche est utilisée pour explorer des domaines de pointe comme les technologies 3D et l’ingénierie du vivant (une typologie de connaissances propres à la recherche en design). Elle esquisse un rôle nouveau pour le designer en tant que producteur de savoirs incarnés (ces formes sensibles d’écriture de la recherche).

La preuve par la pratique : le design comme laboratoire du sensible

L’efficacité de cette approche n’est pas une simple vue de l’esprit. Elle est prouvée par des projets concrets de « recherche-création ». Des designers travaillent par exemple sur les technologies 3D et l’ingénierie du vivant non pas seulement d’un point de vue technique, mais en explorant les implications sensibles et éthiques de ces innovations. Ils ne se demandent pas uniquement « Comment faire ? », mais aussi « Que ressent-on ? Quel monde cela crée-t-il ? ».

Cette démarche permet de développer une compréhension plus profonde et plus humaine de la technologie. En intégrant les « savoirs sensibles », le design cesse d’être une simple discipline de la forme et de la fonction pour devenir un puissant outil d’exploration du monde contemporain. Ce type d’approche, qui demande une excellente l’âme cachée des objets que nous créons, permet de produire des objets et des expériences qui résonnent avec notre humanité. Vous pouvez observer la richesse d’une telle démarche créative dans des documentaires comme celui-ci :

. Alors, la question qui vous est posée est la suivante : comment pouvez-vous, dans votre propre domaine, réintroduire cette dimension sensible pour enrichir votre pensée et vos actions ?

Questions Fréquentes (FAQ)

Qu’est-ce que le « design sensible » ?

Le design sensible est une approche de la création qui valorise et intègre activement les « savoirs sensibles », c’est-à-dire les connaissances acquises par l’expérience, les sens et la perception. Plutôt que de se concentrer uniquement sur la fonction ou l’esthétique quantifiable, il cherche à créer des expériences riches et signifiantes en se fondant sur une compréhension incarnée du monde.

En quoi les « savoirs sensibles » diffèrent-ils de la connaissance traditionnelle ?

La connaissance traditionnelle est souvent abstraite, codifiée et transmissible par le langage ou les chiffres. Les « savoirs sensibles », tels que définis dans la recherche en design, sont contextuels, expérientiels et incarnés. Ils relèvent du ressenti, de l’interaction avec la matière et l’environnement. Ils ne s’opposent pas à la connaissance traditionnelle mais la complètent, offrant une compréhension plus holistique.

Comment puis-je appliquer le concept de « savoirs sensibles » dans ma vie ?

Vous pouvez commencer par porter une attention consciente à vos perceptions dans vos activités quotidiennes et créatives. Interrogez-vous sur ce que vous ressentez au contact d’un objet, dans un espace, lors d’une interaction. Tenez un carnet de notes non seulement pour vos idées, mais aussi pour vos sensations. Cette pratique, issue de la recherche-création à la croisée de l’art et de l’anthropologie, permet d’enrichir votre réflexion et de prendre des décisions plus alignées avec votre expérience vécue.



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Rédacteur web, Anthony Texier explore les piliers d’une hygiène de vie durable : respiration consciente, nutrition de saison, activité physique accessible, récupération et sommeil. Son style est clair, sourcé et sans jargon. Il aime traduire les recommandations (OMS, HAS, revues scientifiques) en gestes concrets : micro-pauses actives, étirements faciles, assiette équilibrée, rituels du soir. Sa promesse éditoriale : des contenus utiles, bienveillants et immédiatement actionnables.

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